La colère des lycéens continue de gagner du terrain en France. Après plusieurs jours de blocages et de rassemblements, le mouvement s’est étendu à de nombreuses villes et doit connaître un nouveau temps fort mardi 6 octobre.
Au départ concentrée dans la région parisienne, la mobilisation s’est progressivement transformée en mouvement national. Derrière les barrages installés devant les établissements, les jeunes dénoncent notamment le manque de professeurs, des classes jugées trop chargées et des conditions d’étude qu’ils considèrent comme insuffisantes.
Des centaines de lycées touchés
L’ampleur du mouvement se mesure aujourd’hui au nombre d’établissements concernés.
Le ministère de l’Éducation nationale indiquait que 400 à 500 lycées devaient connaître une suspension totale ou partielle des cours lundi 5 octobre. La France compte environ 3 700 lycées, ce qui montre l’importance prise par le mouvement en quelques semaines.
Certaines fermetures sont directement liées aux conditions de sécurité. Dans plusieurs établissements, les dégâts matériels ou les incidents ont empêché une reprise normale des cours.
Le ministre Édouard Geffray a également annoncé que 24 établissements scolaires avaient été incendiés ou saccagés en marge des mobilisations. Le ministère faisait parallèlement état de 78 personnels de l’Éducation nationale blessés depuis le début des événements.
Une colère qui dépasse les simples blocages
Pour les lycéens mobilisés, le problème ne se limite pas à une journée de protestation.
Leurs revendications portent sur le quotidien dans les établissements : enseignements perturbés par l’absence de professeurs, emplois du temps difficiles à gérer, effectifs importants dans certaines classes et bâtiments parfois considérés comme trop dégradés.
Cette accumulation de difficultés explique en partie pourquoi la contestation a continué malgré les appels à reprendre les cours.
Le gouvernement cherche désormais à répondre sur le fond tout en faisant preuve de fermeté face aux débordements.
Le gouvernement veut répondre, mais maintenir l’ordre
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé à son gouvernement de travailler sur plusieurs chantiers destinés à répondre aux difficultés évoquées par les lycéens.
L’objectif affiché est notamment de donner des réponses concrètes aux propositions formulées par les jeunes, avec des décisions accompagnées d’un calendrier lorsque certaines mesures sont retenues. En parallèle, l’exécutif entend accélérer les mesures destinées à faire payer les auteurs de dégradations.
Sur le volet sécuritaire, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez défend l’action des forces de l’ordre. Il affirme que les policiers et les gendarmes doivent permettre aux mobilisations pacifiques de se dérouler tout en intervenant contre les violences et les dégradations.
Plusieurs incidents ont marqué les derniers jours
La mobilisation a aussi été accompagnée d’affaires particulièrement violentes.
À Belfort, un policier a été violemment agressé lors d’affrontements avec des manifestants. Deux personnes ont été placées en garde à vue. Un adolescent soupçonné d’avoir participé aux violences a également déposé plainte pour tentative de meurtre, tandis que le parquet a contesté certaines accusations concernant l’interpellation du jeune homme.
À Marseille, un adolescent de 15 ans et demi est soupçonné d’avoir utilisé un spray inflammable contre une femme qui tentait de s’opposer à des dégradations d’un abribus. Le parquet a engagé une procédure en vue d’une mise en examen pour « acte de barbarie ».
À La Ciotat, un professeur de physique-chimie âgé de 59 ans affirme pour sa part avoir été aspergé d’essence alors qu’il intervenait pour empêcher un départ de feu devant un lycée. Un adolescent de 16 ans a été interpellé dans le cadre de l’enquête.
Le 6 octobre, nouveau rendez-vous dans les rues
La mobilisation ne semble donc pas près de s’arrêter.
Une nouvelle journée d’action est prévue mardi 6 octobre dans plusieurs villes françaises. Des organisations syndicales ont annoncé leur soutien au mouvement. La CGT a notamment indiqué qu’elle serait présente aux côtés des jeunes, tandis que Fabien Roussel a appelé enseignants, salariés et militants à accompagner les lycéens afin que leurs revendications restent au centre de la mobilisation.
À Paris, un rassemblement est notamment annoncé à 14 heures place de la République, tandis que d’autres rendez-vous sont prévus dans plusieurs grandes villes.
Une journée qui pourrait faire basculer le mouvement
Le 6 octobre sera donc un moment important pour la suite de la contestation.
D’un côté, les lycéens veulent montrer que leur mobilisation repose sur des problèmes qui, selon eux, ne sont toujours pas réglés. De l’autre, les autorités veulent éviter que les blocages et les manifestations ne donnent lieu à de nouveaux affrontements ou à des dégradations.
L’enjeu sera aussi de voir si la mobilisation gagne encore en ampleur ou si les annonces gouvernementales permettent progressivement de calmer la situation.
Une chose est certaine : en quelques semaines, une contestation née dans quelques établissements franciliens est devenue l’un des principaux sujets de tension autour de l’école en France.
Article rédigé à partir des informations disponibles au 5 octobre 2026, notamment celles publiées par France 24 avec l’AFP.